Dugong dugon

Ce mammifère marin à l’apparence atypique a officiellement disparu des eaux chinoises selon cette étude.

Les dugongs, ces mammifères marins grassouillets qui inspiraient autrefois aux marins nostalgiques des récits fantaisistes de sirènes mythiques, ont disparu en Chine, selon de nouvelles recherches.

Depuis des centaines d’années, ces doux géants, communément appelés vaches de mer, nagent dans les eaux chinoises, arrachant les herbes marines du fond de l’océan avec leur lèvre supérieure amovibles.

Mais aucune observation de ces animaux n’ayant été confirmée dans la région depuis plus de vingt ans, une équipe internationale de scientifiques a récemment entrepris une enquête approfondie auprès des communautés locales de pêcheurs dans quatre provinces chinoises, à la recherche de preuves de la disparition des dugongs.

Les données historiques sur les dugongs ont atteint un pic vers 1960, puis ont rapidement diminué à partir de 1975. Aucune observation vérifiée par des pêcheurs, par exemple, n’est enregistrée après 2008, et les scientifiques chinois n’ont pas repéré de dugong à l’état sauvage depuis 2000, ont rapporté les chercheurs mercredi 24 août dans la revue Royal Society Open Science.

« Sur la base de ces résultats, nous sommes forcés de conclure que les dugongs ont connu un effondrement rapide de leur population au cours des dernières décennies et qu’ils sont désormais fonctionnellement éteints en Chine », ont écrit les scientifiques dans l’étude.

dugongs
Les dugongs ont un corps dodu, un visage large et tombant et une queue aplatie et cannelée comme celle d’un dauphin. Les adultes mesurent jusqu’à 4 mètres de long et peuvent peser plus de 400 kilos, selon le Fonds mondial pour la nature (WWF).

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Ils ressemblent aux lamantins (également appelés vaches de mer), mais alors que les lamantins habitent des écosystèmes d’eau douce, les dugongs vivent dans des habitats océaniques tropicaux peu profonds, de l’Afrique de l’Est au Vanuatu, selon le site Animal Diversity Web (ADW) de l’université du Michigan. Les vaches de mer grignotent les herbes marines comme les vaches terrestres broutent les prairies luxuriantes sur la terre ferme, et elles sont les seuls mammifères marins à suivre un régime exclusivement végétarien, selon ADW.

Ni les lamantins et ni les dugongs ne ressemblent à des humains, et encore moins à des femmes séduisantes aux cheveux longs et à la queue en forme de poisson. Mais les marins n’ont probablement aperçu ces animaux que très brièvement – juste assez longtemps pour inspirer des récits fantaisistes de sirènes plongeant sous les vagues, selon le National Geographic.

Cependant, l’histoire réelle des humains et des dugongs n’est pas un conte de fées. Comme les dugongs paissent près des côtes, ils sont souvent heurtés par les bateaux et pris dans les filets des pêcheurs, et les activités humaines de ces dernières décennies ont considérablement réduit ou détruit leurs habitats côtiers, selon l’ADW.

Une poignée de personnes ont rapporté de manière anecdotique avoir vu un dugong dans les eaux chinoises au cours des cinq dernières années, mais ces observations n’ont jamais été vérifiées, ont constaté les auteurs de la nouvelle étude dans leurs enquêtes. S’il est possible que certains dugongs survivent dans le nord de la mer de Chine méridionale, il est également probable que les animaux récemment aperçus aient été mal identifiés ou qu’il s’agisse de spécimens isolés appartenant à des populations de dugongs plus stables près des Philippines, ont indiqué les chercheurs.

En outre, « il est très peu probable que le déclin spectaculaire de la population de l’espèce au cours des dernières décennies puisse être arrêté ou inversé dans les conditions actuelles », selon l’étude.

« La disparition probable du dugong en Chine est une perte désastreuse », a déclaré dans un communiqué Samuel Turvey, coauteur de l’étude et professeur à l’Institut de zoologie de la Zoological Society of London. « Leur absence aura non seulement un effet d’entraînement sur la fonction de l’écosystème, mais sert également de signal d’alarme – un rappel sobre que les extinctions peuvent se produire avant que des actions de conservation efficaces soient développées. »